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Mercredi 21 juin 2006

 

 

Démarche, cohérence...on aborde souvent la peinture à travers le filtre de la rationnalité. Je regarde la peinture d'aujourd'hui, et je trouve souvent en elle cela, la cohérence de ce qui constitue une "oeuvre", une démarche, un discours...je vois des procédés, une thématique, une problématique,je devine un rapport logique entre les choses.Bref, rapidement - et finalement à peu de frais, je sais où je suis.L'ensemble constitue une "Oeuvre", chaque élément prend sa place dans une sorte d'évolution vers la maturité. Je peux lire le tout, placer les choses à leur place, . Il y a du confort dans tout çà, pour celui qui fait, pour celui qui voit. Picasso est cubiste, puis il ne l'est plus, puis il le redevient, puis...puis...Depuis la critique a mis bon ordre à l'ensemble. Et c'est dans les livres.

Lorsque je regarde, avec la distance possible mais partielle de mon regard,ce que je fais, je vois une multiplicité de tentatives pour accéder à une sorte "d'image" intangible qui m'occupe...je vois des choses  différentes, et dans le geste même, et dans la couleur et  dans la lumière, et dans ce que je représente...ce qui me frappe alors est la "discontinuité" ...Pourtant, dans chaque tableau, dans chaque dessin, dans chaque tentative, je tente de jeter ce que je suis, là, maintenant, dans l'instant... serais-je donc différent d'un instant à l'autre? ou bien n'aurais-je aucune personnalité propre?  

Pourtant,  quelque chose relie ces temps, ces gestes, et ce quelque chose, assurément, c'est moi qui peint. Faudrait-il donc se forcer, oserais-je dire se maîtriser, pour circonvenir cette facheuse tendance à ne pas être "homogène"? S'obliger donc , après s'être donné les limites impératives, à rester dans le champ étroit ...que je me suis moi-même imposé... Champ  emblématique et identitaire." Voilà, je le reconnais, c'est un ... Ouf, ils me reconnaissent, j'existe enfin..."

Cela est un choix. Mais cela doit-il être une règle? La liberté ne consisterait-elle pas à laisser "faire"...? à laisser aller...? Et cela ne constituerait-il pas le sytème le plus ouvert qui soit...? Seule cette "image" qui m'habite compte...et aujourd'hui, après ce XXe siècle qui a poussé tant de portes, mais qui finalement, dans l'urgence même de "la nouveauté à tout prix", est resté souvent sur le seuil des possibles, moi cet enfant de la modernité,ne serais-je pas libre de puiser, de visiter enfin toutes les pièces, d'investir en toute liberté les lieux, de m'accaparer enfin, et cela comme un enfant qui joue dans les pièces d'une immense demeure,les procédés, les techniques, les espaces, sans me soucier vraiment de"cohérence"...

Le fil reste...et c'est moi si je suis sincère. Et si je peux tenter d'accéder à cette "image", là, maintenant, en peignant un visage en multipes "dreapping" de couleurs vives, puis un autre en m'appliqnant à peindre la lumière étrange d'un profil tel un "Balthus", en quoi cela serai-til "discutable"...?

Je crois qu'aujourd'hui nous pouvons réenvisager notre façon de voir, de faire...pour nous donner de l'espace,de l'air...avec la légèreté du "tout est possible".

 

Par christophe - Publié dans : artchristophe
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Mercredi 7 juin 2006

Peindre aujourd'hui, c'est porter le lourd héritage de la tradition picturale occidentale ou autre, et celui des avant-gardes du XXe siècle... la post-modernité marque la fin des grandes utopies et de la modernité, des grands mouvements en "isme"...remplacés par la mondialisation marchande, la "communication", la "démarche"...Il s'agit donc désormais d'initier dans la peinture ce qui me semble être le plus subversif aujourd'hui: le singulier, l'instinctif, le poétique, le "faire" et non pas le "concept", l'unique et non pas la série, la lenteur et non pas la production ( terme industriel employé désormais pour désigner la réalisation d'oeuvres),la suggestion et non pas la "communication"...l'indécis au lieu de l'explication ou la "démarche", laisser l'autre libre de voir dans votre peinture,son reflet, son histoire...

Par christophe - Publié dans : artchristophe
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Mercredi 7 juin 2006

 Ce qui m'intéresse, c'est l'humain: le corps (détails, nus, visages) et le corps dans l'espace; l'individu dans le monde, dans la vie... pas évident de définir çà, parce que  ce que l'on peint avant tout, c'est soi... la matière pour moi est, dans les gestes que je lui imprime, le véritable "corps" des choses, des êtres... Je commence par dessiner, sur papier, des corps, des attitudes...au crayon bille sur des carnets, au fusain sur des formats plus grands...c'est le travail "d'intégration" ou bien "d'accaparement"...je ne sais pas comment définir çà...c'est un travail nécessaire...mais lorsque je commence le tableau, il n'y a plus de dessin, c'est la matière et le geste qui prime... tout au plus les croquis sont-ils là, dans l'atelier, qui m'environnent, me cernent...

Par christophe - Publié dans : artchristophe
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