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Vendredi 1 décembre 2006

Lorsque je regarde, avec toute la distance possible, ce que je fais, je vois une multiplicité de tentatives pour accéder à une sorte "d'image" intangible qui m'occupe... avec en son centre l'Homme en marche, matière dans la matière. Mais il marche, obstinément, cet "Homme" de terre et de sang. Tous les moyens sont bons pour cerner les contours de celui-ci, dans le champ étroit du tableau.

Et laisser libre court à "l'intuition", à la matière, au geste... laisser venir les choses, accepter le hasard, en jouer... pour qu'au final il y ait la sensation, ou bien la vie... et non pas l'idée,et non pas l'image... ne pas peindre une image, donner corps à l'idée sans idée préconçue.

Et jeter là soudain un trait noir dans l'argile, et poser là une ligne frêle dans le bleu du ciel, et laisser libre court au glissement de l'eau, et imprimer la trace d'une main, et puis poser soudain avec application le trait félin du pinceau.

Saisir d'un geste un regard éloigné, une absence furtive, un geste révolté, un corps lourd dans la lumière, avec le ciel et l'eau, le feu, le vent, la terre, et puis le monde entier, dans l'énergie rapide du couteau, dans le pigment de la texture, une foule telle une vague, une main ravinée de couleurs, un homme comme un arbre, un arbre comme un corps...

Un ciel vertical, des pas lourds de glaise, un mouvement suspendu, une vague qui court ... immobilités verticales, oblique du mouvement: métaphysique sourde de "l'Homme" vivant, en marche dans son présent.

Donner de l'espace, donner du corps à la peinture.

Renvoyer violemment le spectateur à la vie.

Par christophe - Publié dans : artchristophe
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